Pratique pour se souvenir-dessin

 

[Note 02/04/23]

 

Je fais quotidiennement des allers-retours entre le français et le japonais. Il m’arrive aussi de me souvenir de mots coréens que j’ai appris dans mon enfance. Au-delà des mots qui me reviennent, des mémoires sur les déplacements surgissent, les miens et ceux qui ont vécu avant moi. C’est ainsi que j’ai commencé à dessiner pour me souvenir ou sauver ces souvenirs fragmentaires, incomplets et mineurs tels qu’ils sont (effectivement, l’étymologie du mot « souvenir » comprend « venir en aide, secourir »).

Un jour, j’ai été ravie de découvrir une phrase d’Homi K. Bhabha dans son livre “Les lieux de la culture” ; rêver de la traduction comme ‘survivance’. Cette phrase était probablement juste. Les rêves nés dans le temps et l’espace de la traduction sont essentiels pour ceux qui tentent de vivre aux frontières, sans ou loin de leur pays.

 

 

 

 

05/04/23, Espace froid et chaud | 寒くて暖かい場所

 

 

[メモ 2023/04/01]

 

わたしは毎日、フランス語と日本語を行ったり来たりしながら生きている。また、小さな頃に覚えた朝鮮語の単語が、ふと頭に浮かぶこともある。そんなとき、わたしは、浮かんだ言語とともに、自分やその前に生きた人たちを含めた移動の記憶を想う。この断片的で、不完全で、最小限の記憶を、そのまま、すくって――掬って、あるいは救って――おくために、ドローイングを始めた。

ホミ・K・バーバが書いた『文化の場所』という本の中で、「『生き延びること』としての翻訳を夢見ること」というフレーズを発見したときは、心が躍った。たぶん、ぴったりな言葉だと思った。翻訳の時間と空間で生まれた夢は、故郷を持たない、もしくは離れた、境界で生きようとする者にとって必要不可欠である。

 

 


 

 

Dessin  |  ドローイング Yuni Karasawa